Métriques de ressources (CPU, RAM, disque)
Lisez les métriques CPU, RAM et disque collectées par l'agent Servor et fixez des seuils pour repérer tôt les problèmes de ressources.
Pour chaque serveur connecté, Servor collecte des métriques de ressources — utilisation du CPU, de la RAM et du disque — directement depuis l'agent qui tourne sur la machine. Vous obtenez ainsi une vue en direct de la santé d'un serveur, aux côtés de sa disponibilité, pour repérer un disque qui se remplit ou un processus emballé avant qu'ils ne deviennent une panne.
Les métriques de ressources nécessitent un serveur connecté. Si vous n'avez pas encore installé l'agent, commencez par ajouter un serveur. Surveiller une simple URL (un moniteur HTTP) ne collecte pas ces données — elles proviennent de la machine elle-même.
Où les trouver
Ouvrez un serveur depuis la liste Serveurs — ouvrir les Serveurs dans Servor — pour voir ses métriques de ressources : utilisation actuelle et tendances dans le temps. Comme les métriques proviennent de l'agent, le serveur doit apparaître comme connecté. S'il est injoignable, les métriques cessent de se mettre à jour — voir réparer l'agent.
Les lecteurs peuvent voir les métriques
La consultation des métriques est en lecture seule : tout le monde dans l'équipe — y compris le rôle viewer — peut les consulter. Exécuter des commandes pour enquêter nécessite un accès en écriture et un coffre déverrouillé.
Ce que chaque métrique indique
| Métrique | Ce qu'elle mesure | À surveiller |
|---|---|---|
| CPU | Charge du processeur, en % de la capacité | Usage élevé et durable — processus surchargé ou emballé |
| RAM | Mémoire utilisée vs totale | Constamment proche de 100 % — risque de swap ou d'OOM killer |
| Disque | Stockage utilisé vs disponible | Remplissage — un disque plein casse apps, logs et bases |
CPU
L'utilisation du CPU montre à quel point le processeur travaille. Les pics brefs sont normaux — un build, une sauvegarde, une pointe de trafic. C'est l'usage élevé durable qui est le signal : la machine ne suit plus, les requêtes ralentissent, et le service peut glisser vers dégradé avant de passer down.
RAM
La mémoire montre la quantité de RAM utilisée. Quand une machine tourne en permanence proche du plein, l'OS se met à swapper sur le disque (lent) ou, au pire, tue des processus pour récupérer de la mémoire. Une mémoire qui monte sans jamais redescendre trahit souvent une fuite à investiguer.
Disque
L'utilisation du disque est celle qui provoque le plus souvent une panne surprise. Un disque se remplit discrètement de logs, d'uploads ou de la croissance d'une base, et lorsqu'il atteint 100 % les applications n'arrivent plus à écrire et peuvent planter. Surveillez la tendance, pas seulement le chiffre actuel — un disque qui grimpe de 1 % par jour vous dit quand vous serez à court.
Le disque plein est une panne classique
Un disque plein casse les écritures de tout ce qui tourne sur la machine d'un coup — bases de données, logs, application. Fixez un seuil de disque et agissez bien avant d'atteindre 100 %.
Au-delà des métriques : ce qui tourne et la santé de la machine
L'onglet Surveillance ne se limite pas aux courbes. Quand l'agent est à jour, il fait aussi remonter un état des lieux du serveur — affiché en widgets qui n'apparaissent que si l'élément est présent, et que vous pouvez réorganiser (voir Composer votre tableau de bord) :
- Système : OS et version, noyau, architecture, vCPU, RAM, disque, mode de connexion.
- Exposition réseau : ce que la machine expose, et ce qui est censé l'en empêcher. Les ports en écoute (port, protocole, processus, nom du service pour les ports connus) — ceux joignables depuis l'extérieur d'abord — avec l'état du pare-feu (ufw, firewalld, nftables), ses règles telles que l'outil les imprime, et sa bascule pour les administrateurs.
Pare-feu et ports formaient deux cartes distinctes, chacune ne racontant que la moitié de l'histoire : le pare-feu dit ce qui est autorisé, la liste des ports ce qui écoute réellement. La réponse utile est à leur croisement — un service lié à
0.0.0.0derrière un pare-feu inactif est joignable ; le même service lié à127.0.0.1ne l'est pas, quoi que dise le pare-feu. Servor compare cette liste à celle du relevé précédent et vous alerte quand un port devient joignable depuis l'extérieur — soit qu'il apparaisse, soit, plus insidieux, qu'un service déjà en cours passe de127.0.0.1à0.0.0.0. Dans ce second cas rien ne s'est « ouvert » : le service tournait, il a seulement cessé d'être privé, et c'est exactement le genre de dérive qu'on découvre le jour où quelqu'un d'autre la trouve. Un port qui n'écoute que sur la boucle locale ne déclenche rien, et le tout premier relevé d'une machine non plus — sinon chaque nouveau serveur alerterait sur toute sa surface. - Ce qui tourne : les conteneurs Docker/Podman (état, health, ports publiés), les process pm2 (statut, redémarrages, CPU/mémoire), et les services détectés (nginx, PostgreSQL, Redis… — actif/inactif + version). Après une action depuis cet écran — arrêter un conteneur, redémarrer un service, basculer le pare-feu, appliquer des mises à jour — l'agent renvoie un relevé sans attendre son intervalle et l'écran se met à jour de lui-même en quelques secondes. Inutile de recharger la page.
- Santé du serveur : un résumé tricolore synthétisant les signaux — unités systemd en échec, redémarrage requis, pare-feu actif, horloge synchronisée, pression CPU/RAM/disque.
- TLS & domaines : les certificats détectés avec leurs jours restants, et les domaines branchés au serveur. k3s et les outils auto-hébergés (Coolify, Portainer) apparaissent s'ils sont là.
Agir sur un conteneur
Les conteneurs ne sont pas seulement listés : chaque tuile porte ses commandes —
démarrer, arrêter et redémarrer s'appliquent immédiatement, tandis
que mettre à jour l'image (pull) et supprimer demandent confirmation,
l'une changeant ce qui démarrera ensuite et l'autre détruisant le conteneur.
La suppression n'est volontairement pas forcée : Docker refuse de supprimer un conteneur encore en cours d'exécution, et Servor conserve ce refus plutôt que de le contourner. Arrêtez le conteneur d'abord si c'est bien votre intention.
Une tuile de conteneur en cours d'exécution porte aussi un bouton shell, qui
ouvre une session interactive dans le conteneur, directement dans la page.
C'est sh qui est lancé, et non bash : c'est le seul shell que pratiquement
toutes les images embarquent — les images alpine et slim n'ont souvent pas bash,
et viser bash referme la session aussitôt. Tapez bash une fois à l'intérieur si
l'image en dispose.
Chacune de ces actions est une commande comme une autre — signée dans votre navigateur, consignée dans votre historique des commandes et dans le journal d'audit. Pour lire ce qu'un conteneur écrit, voir Suivre les logs en direct.
Redémarrer ou éteindre la machine
Depuis l'onglet Surveillance, la carte Alimentation propose de redémarrer ou d'éteindre le serveur. C'est réservé aux administrateurs, protégé par un MFA renforcé, et confirmé en saisissant le nom du serveur — pas par un simple clic.
Ce niveau de friction est délibéré : c'est la seule action de Servor qu'aucun accès à distance ne rattrape. Si la machine ne revient pas, ni le terminal ni l'agent ne peuvent la rallumer — il faut passer par votre hébergeur, ou vous déplacer.
Le redémarrage reste interdit ailleurs
Servor refuse reboot, shutdown, halt et poweroff partout ailleurs : dans le
terminal, dans une commande planifiée, et surtout pour le copilote IA. Cette carte
n'ouvre pas une brèche dans cette règle — votre navigateur y signe un nom d'action
et non une ligne de commande, et l'agent traduit ce mot en commande lui-même. Aucune
chaîne de caractères venue de l'extérieur n'atteint un shell sur ce chemin.
Agir sur un service
La carte Services détectés fonctionne de la même manière : démarrer, arrêter, redémarrer et recharger la configuration s'appliquent immédiatement, tandis qu'activer et désactiver au démarrage, masquer et démasquer demandent confirmation — les deux premières changent ce qui se lancera au prochain boot, et masquer rend l'unité impossible à démarrer, y compris comme dépendance d'un autre service.
Ces boutons n'apparaissent que pour les services que systemd supervise
réellement. Servor détecte aussi les services lancés par pm2, supervisord ou un
conteneur : ceux-là sont bien listés, mais sans boutons, parce que systemctl ne
parle pas pour eux et que la commande échouerait à chaque fois.
Droits nécessaires
systemctl demande les droits root. Si l'agent est configuré pour s'exécuter
sous un utilisateur non privilégié, l'action remonte une erreur de permission —
Servor vous le dit explicitement plutôt que d'ajouter un sudo que vous n'avez
pas approuvé : la commande signée dans votre navigateur est exactement celle qui
s'exécute, et rien en aval n'a le droit d'y ajouter quoi que ce soit.
Nécessite un agent à jour
Ces informations sont collectées par l'agent. Un serveur dont l'agent n'a pas encore été mis à jour affiche les cartes vides — réinstallez / réparez l'agent pour les activer. Les éléments lourds (versions, TLS, k8s) sont rafraîchis moins souvent que les états live (conteneurs, pm2) pour rester légers sur la machine.
Composer votre tableau de bord
Le bouton Personnaliser, en haut de l'onglet, fait passer la page en mode composition. Chaque widget reçoit alors une barre où vous pouvez :
- le déplacer, à la souris par la poignée, ou au clavier (Tab jusqu'à la poignée, Espace pour saisir, flèches pour déplacer, Espace pour poser) ;
- changer sa largeur — 1, 2 ou 4 colonnes. Un widget dont le contenu cesse d'être lisible en dessous d'une certaine largeur refuse les tailles trop étroites ;
- le retirer du tableau.
Les widgets retirés se retrouvent sous la grille et se rajoutent d'un clic. Réinitialiser rétablit la disposition par défaut.
Une disposition par serveur, partagée par l'équipe
La disposition est enregistrée sur le serveur, pas sur votre compte ni dans
votre navigateur : une machine de base de données ne demande pas le même tableau
qu'une autre qui fait tourner douze conteneurs, et une disposition qui rend une
machine lisible mérite d'être partagée plutôt que redécouverte par chacun.
Réorganiser le tableau le réorganise donc pour toute l'équipe — c'est pourquoi
l'action demande le rôle member : un viewer consulte le tableau, il ne le
réarrange pas pour les autres.
Sur un écran étroit la grille passe à deux colonnes, et les widgets de 4 colonnes en occupent alors 2 — toute la largeur.
Ce que la composition ne fait pas
Un widget n'apparaît que si le serveur remonte quelque chose pour lui. Une machine sans conteneur n'a pas de widget Docker, et il apparaîtra tout seul le jour où elle en aura un. À l'inverse, un widget que vous retirez reste retiré — c'est votre décision, pas un effet de bord du relevé.
Fixer des seuils
Les paramètres de chaque serveur (l'icône engrenage) incluent des seuils de surveillance pour ses ressources. Fixez un niveau — par exemple alerter quand le disque dépasse 85 % — pour qu'une métrique qui dérive vers le rouge devienne quelque chose dont on vous informe, plutôt que quelque chose que vous découvrez pendant un incident. Combinez les seuils avec les alertes et les canaux de notification pour que l'avertissement vous parvienne.
Deux réglages accompagnent chaque seuil et décident quand l'alerte part :
- Échantillons consécutifs — le nombre de relevés d'affilée au-dessus du seuil avant qu'une alerte parte. Un pic d'une seconde pendant une sauvegarde n'est pas une panne.
- Marge de retour — de combien de points la métrique doit redescendre sous le seuil avant qu'une nouvelle alerte puisse partir. Avec un seuil à 90 % et une marge de 5, l'alerte ne se réarme qu'une fois la valeur retombée à 85 % ou moins, sur autant d'échantillons consécutifs.
La marge de retour est ce qui empêche une machine qui tourne en permanence autour de son seuil de vous notifier à chaque oscillation. Mettez-la à 0 pour qu'une seule descente sous le seuil suffise à réarmer l'alerte.
Enquêtez sur place
Quand une métrique semble anormale, ouvrez le terminal web
ou exécutez une commande sur ce même serveur pour creuser —
df -h pour le disque, top pour le CPU et la mémoire. Ou demandez au
copilote IA d'y jeter un œil.
Métriques vs moniteurs
Les deux se complètent :
- Les moniteurs répondent à « ce service répond-il ? » — voir types de moniteurs. Le type métrique agent fait le pont entre les deux : il pose un seuil, et donc une alerte, sur les valeurs de cette page.
- Les métriques de ressources répondent à « la machine elle-même est-elle saine à l'intérieur ? »
Un serveur peut être parfaitement up pour un moniteur HTTP alors que son disque est à 98 % — c'est la vue des ressources qui repère cela avant que ça ne tourne à la panne.
Étapes suivantes
Connectez une machine pour que l'agent collecte les métriques.
Réparer l'agentRétablissez un serveur injoignable pour que les métriques reprennent.
Configurer les alertesSoyez notifié quand une ressource franchit un seuil.
Lire les métriques serveurUn guide approfondi pour interpréter CPU, RAM et disque.